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Licence francaise de jeux Les News Éric Darago, directeur du casino Barrière de Jonzac a propos de l'ouverture du marche des casinos

PostHeaderIcon Éric Darago, directeur du casino Barrière de Jonzac a propos de l'ouverture du marche des casinos

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C'est en janvier que les sénateurs devraient examiner le projet de loi relatif à l'ouverture du marché français au poker sur Internet Une légalisation des jeux en ligne alors que les sites illégaux séduiraient, à ce jour, quelque 3 millions de Français

L'idée du gouvernement, à travers une ouverture sur le net à d'autres opérateurs que ceux clairement identifiés et positionnés aujourd'hui, serait de mettre de l'ordre et d'encadrer une zone de non-droit. Une idée contre laquelle une députée socialiste de Gironde, également médecin, Michèle Delaunay, s'est d'ailleurs clairement opposée en en faisant une affaire de santé publique et en estimant que « la libéralisation ne pourra qu'accroître l'addiction, à la fois aux jeux d'argent et à l'écran ».

Sans compter que l'ouverture à la concurrence pourrait bien ne pas être sans incidence sur le plan économique pour les professionnels officiels. Sud ouest a donc demandé son point de vue sur la question à Éric Darago, directeur du casino Barrière de Jonzac.

« Sud Ouest ».

Est-ce que l'ouverture du marché français peut mettre en péril les casinos ?

Éric Darago.

Les jeux illicites sur Internet existent depuis longtemps. Souvent basés à l'étranger, ils sont plus ou moins sécurisés. Et le développement de leur fréquentation a été activé par les jeux de poker à la télévision. D'une manière générale, les casinos souffrent déjà, depuis la nécessité de présenter une carte d'identité pour entrer dans la salle des jeux et depuis l'interdiction de fumer. Sans compter la crise aujourd'hui. Si la fréquentation reste stable à Jonzac par exemple, les joueurs misent tout de même un peu moins. En somme, la prolifération des jeux en ligne ne fait qu'accentuer les difficultés.

« SO ».

Quelles parades possibles pour les casinos ?

E.

D. Notre première parade, c'est la connaissance du métier, des comportements des joueurs et, d'une manière générale, l'accueil personnalisé et l'accompagnement ; également le garde-fou mis en place pour un jeu responsable, en cas de doute d'addiction ou de risque pour celui qui vient nous voir. Par ailleurs, le groupe Barrière a déjà développé un site Internet, depuis un an, testé et mis en ligne en Angleterre. Et ce afin de proposer une alternative à des sites mastodontes.

Nous avons également développé sur Internet un module de détection des abus de jeu. Étant des professionnels, les casinotiers sont les plus à mêmes d'être licites en tant que pourvoyeurs de jeu sur Internet, en toute sécurité. Le jeu doit rester un divertissement, un loisir convivial avec un budget maîtrisé. Et les liens doivent être établis avec les casinos en dur, comme par exemple à travers l'organisation de tournois de poker en différents lieux.

Il nous faut trouver les moyens de faire venir dans nos établissements ceux qui jouent seuls derrière leur écran quand Internet cultive la solitude et l'anonymat. Car le casino permet des rencontres autour du jeu certes, mais aussi pendant les spectacles, les animations ou dans nos restaurants.

« SO ».

Qu'attendez-vous de la nouvelle législation ?

E.

D. Depuis des années, les opérateurs professionnels que nous sommes, en particulier au sein du syndicat des casinos de France, militent pour que l'État fasse son travail et légifère. Aujourd'hui, des milliers de personnes se ruinent sur Internet. Alors reste à savoir comment l'État pourra exercer son contrôle et si ces sites seront taxés autant que nous le sommes. Nous ressentirions un sentiment d'injustice profond si ne s'exerçait pas une certaine équité avec les casinos en dur.

 

Mis à jour ( Mercredi, 21 Octobre 2009 05:13 )

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